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M. d’iVERNOIS.décèle déjà ce talent qu’il devait développer plus tard , etun génie précoce à une époque surtout où les jeunes genss’occupaient peu de littérature dans les collèges. Revenudans son pays, les charges qu’il occupa dans la magis-trature, ne l’empêchèrent pas de se livrer de temps à autreà son goût favori, et jusqu’à la fin de sa vie il a cultivéles muses, qui naturellement furent plutôt pour lui undélassement et un sujet de récréations qu’une occupationréelle. On voit dans YEpilre sur les jeux de société le soinqu’il mettait à polir ses vers et à les amener à leur per-fection, tout comme le Mari consolé, écrit avec plus delégèreté et d’abandon, quoiqu’il soit un petit chef-d’œuvrede style, témoigne de sa verve et de sa facilité. Sonportefeuille contient un grand nombre de poésies, descontes , des épitres, des idylles et plusieurs pièces de cir-constance adressées à des parents ou à des amis intimes,et qui pour celte raison ne souffriraient pas l’impression.
Peu partisan de la nouvelle école romantique-, qu’ilappelait la littérature nébuleuse, M. d’Ivernois, parmi lespoètes de nos jours, ne goûtait guères que Lamartine .Ses auteurs de prédilection étaient Boileau , Frénilly ,LaFontaine, etc., et peut-être a-t-il dans sa manière plusd’un rapport avec ce dernier. En tout cas, personne,même dans ce siècle prosaïque, ne sera tenté de dire delui ce qu’il écrivait, il y a peu d’années, sur un Boileaudestiné à un de ses jeunes amis :
Des Boileau les Dieux sont avares,
Mais nos regrets sont superflus ;
Hélas ! si les bons vers sont rares,
Les lecteurs le sont encor plus !
Et nous croyons au contraire qu’il trouvera plus de lec-teurs encore qu’il n’a composé de bons vers.