M. D’iVERNOIS.
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ÉPITRE SUR LES JEUX DE SOCIÉTÉ
Adressée à M. WHLEMIIV, Professcm* à Neuchâtel .
Non omnes eadem mirantur amantquc.
(Horace.)
Déjà Novembre a prolongé les nuits ;
Chaumont blanchit, et l’hiver nous assiège.
Bientôt nos ceps, dépouillés dé leurs fruits ,
Vont se courber sous des amas de neige.
Sortant enfin de son obscur cellier,
De vendangeur devenu petit-maître,
Chacun de nous au grand jour va paraître.
De six à neuf on nous verra briller
Dans ces grands thés, que nous nommons soirées ,
Cercles nombreux, rassemblés par devoir,
Où se rendront cent femmes bien parées,
Pour se montrer bien plus que pour se voir.
Déjà pour nous déployant son savoir,
L’heureux Rochias (*) d’un long oubli se venge ;
Et tout joyeux, aux bons NeuchâteloisVendant ses As, ses Valets et ses Rois,
Voit à son tour commencer sa vendange.
Mon cher ami! pour être du bon ton,
Il faut apprendre à battre le carton,
Et s’escrimer dans cet art difficileQue le Français imagina, dit-on,
Pour amuser un monarque imbécille.
Mais, je le vois, déjà s’émeut ta bile :
Comment, dis-tu , j’irai, vieux écolier,
(*) Fabricant et marchand de cartes à Noncliàlel,