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Tome premier.
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331
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M. D’iVERNOIS.

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ÉPITRE SUR LES JEUX DE SOCIÉTÉ

Adressée à M. WHLEMIIV, Professcm* à Neuchâtel .

Non omnes eadem mirantur amantquc.

(Horace.)

Déjà Novembre a prolongé les nuits ;

Chaumont blanchit, et l’hiver nous assiège.

Bientôt nos ceps, dépouillés dé leurs fruits ,

Vont se courber sous des amas de neige.

Sortant enfin de son obscur cellier,

De vendangeur devenu petit-maître,

Chacun de nous au grand jour va paraître.

De six à neuf on nous verra briller

Dans ces grands thés, que nous nommons soirées ,

Cercles nombreux, rassemblés par devoir,

Où se rendront cent femmes bien parées,

Pour se montrer bien plus que pour se voir.

Déjà pour nous déployant son savoir,

L’heureux Rochias (*) d’un long oubli se venge ;

Et tout joyeux, aux bons NeuchâteloisVendant ses As, ses Valets et ses Rois,

Voit à son tour commencer sa vendange.

Mon cher ami! pour être du bon ton,

Il faut apprendre à battre le carton,

Et s’escrimer dans cet art difficileQue le Français imagina, dit-on,

Pour amuser un monarque imbécille.

Mais, je le vois, déjà s’émeut ta bile :

Comment, dis-tu , j’irai, vieux écolier,

(*) Fabricant et marchand de cartes à Noncliàlel,