336
M. DIVERNOIS.
Sont épuisés, et parmi nos auteurs,
On peut compter bien plus d’imitateursDe Chapelain , de Pradon , de Linière,
Que de Boileau , LaFontaine ou Molière .Après avoir tout vu , tout contrôlé,
Ton choix est fait : mais sans être troublé,Nouveau Texier (*), crois-tu de l’assistancePour un quart d’heure obtenir le silence ?L’un applaudit sans rime ni raison ;
L’autre interrompt pour dire une fadaise ;L’un se balancé et fait craquer sa chaise ;L’autre s’endort et ronfle en faux-bourdon :De la bougie un sot moins pacifiqueÀ su se faire un divertissement ;
Il la tracasse et l’éteint justementAu beau milieu d’un morceau pathétique.Que dirais-tu, si le sort plus cruelNous rassemblait huit jours avant Noël ,Terme fatal, où chaque ménagèreChange un valet, cherche une cuisinière,Ou déménage, ou d’un gras nourrissonVa terminer la vie et la prison?
Pauvre lecteur ! alors on t’abandonne :
A ton oreille on chuchotte, on bourdonne ;La voix éteinte et le corps tout en eau,
Tu veux en vain maîtriser l’auditoire.
Tel un huissier s’égosille au barreau,Cassagne en chaire, et Paillasse à la foire.
Il faut finir, et si tu veux m’en croire,
A ton secours appeler de nouveau
(*) Texier était distingué dans l’art de bien lire.