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Tome premier.
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346
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346 RELATION DE L’AFFAIRE

grande force armée. A six heures M. Rœderer, procureurde la commune, accompagné d’un autre membre du dé-partement , et de M. Boissinel, officier général, vinrent àchaque poste. Le premier nous répéta verbalement l’ordreque nous avions déjà par écrit de défendre le château etde repousser la force par la force. Depuis ce moment laplace du Carrousel se remplissait de troupes, au pointquelles ne pouvaient plus pénétrer. Le roi alla à l’assem-blée à huit heures trois quarts : dès ce moment la gardenationale qui gardait l’intérieur du château et les cours ,commença à lâcher pied et à abandonner les Suisses de lamanière la plus affreuse et la plus traître. Elle fut joindreles bataillons des faubourgs qui étaient sur la place. J’enexcepterai quelques-uns de cette garde , auxquels je necesserai de rendre la justice qu’ils méritent à bien justetitre (*). Dès ce moment les Suisses virent très-clairementqu’ils allaient être sacrifiés, mais ils ne perdirent pas cou-rage pour cela. M. de Boissinel vint à neuf heures à tousles postes extérieurs, pour leur ordonner de se replier surle château , qu’il fallait, disait-il, défendre jusqu’au der-nier soupir.

Qu’on juge de notre position, arrivés dans le château ,sûrs de périr ! quelle affreuse perspective ! A neuf heureset demie, la porte royale^fut enfoncée sans peine, n’yayant aucune force quelconque en dedans pour l’empê-cher. Ils vinrent ensuite comme des furieux jusqu’auprèsde la porte du vestibule du château , ayant deux pièces decanon à leur tête, nous accablant d’injures, d’imprécationset d’horreurs que nous entendions froidement et sans leurrépliquer. Quelques instans après, les chefs donnèrent

(*) Section des Fillcs-St-Tliomas.