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Tome premier.
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RELATION DE L AFFAIRE

rement du café des Feuillants. Dans cette marche qui futaccélérée , comme on peut bien le présumer, n’ayant plusde moyens de nous défendre, nous perdîmes assez deinonde ; deux officiers y furent blessés à mort. Arrivés àl’assemblée nationale au nombre de 150 soldats et de 8 à

10 officiers, les premiers se réfugièrent au corps-de-garde,et les officiers voulurent entrer dans la salle pour se mettresous la sauve-garde et la protection de l’assemblée, en at-tendant qu’un capitaine du régiment qui avait été prendreles ordres du roi, fût de retour. Dans l’intervalle deuxdéputés vinrent au devant de nous, nous témoignèrentleurs regrets de ne pouvoir nous laisser entrer dans lasalle, mais nous conduisirent dans le bureau, où nous res-tâmes, non sans les plus grandes inquiétudes, depuisonze heures du matin jusqu’à neuf heures du soir. Le ca-pitaine du régiment, qui avait été prendre les ordres duroi, vint nous rejoindre une demi-heure après , avecl’ordre par écrit, par lequel le roi ordonnait aux Suisses de rendre leurs armes et de se replier aux casernes deCourbevoie . Nous effectuâmes bien le premier ordre ;quant au second, il nous fut impossible de nous y con-former.

Les députés qui nous avaient conduits dans le bureaudes inspecteurs de la salle, ne voulant pas nous obligerà demi, nous procurèrent des redingotes, au moyen des-quelles nous avons eu le bonheur de nous évader. Dèslors nous avons été toujours errants dans Paris , craignantd’être arrêtés comme des proscrits , quoique nous fussionssous la sauve-garde de la loi par un décret du 10 août.

11 est bien douloureux pour d’honnêtes gens d’être réduitsà cette cruelle extrémité.