Band 
Tome premier.
Seite
357
JPEG-Download
 

Mï J. HÜGÜEN1N.

357

ainsi quelques malavisés firent une quête disant que leLocle était brûlé, ce qui arriva tôt après, du moins enpartie, et il semblerait que le feu se soit caché sous lescendres de l’incendie deMorteau jusqu’au 16 d’août 1083,qu’il se prit environ les onze heures du jour dans la mai-son et le moulin de M. Vuagneux, lequel fut si subitementallumé qu’il réduisit en cendres non seulement la dite mai-son où il périt une jeune demoiselle d’environ vingt ans ,mais presque tout le village et plusieurs belles boutiquespleines de marchandises; tout fut consumé dans troisheures de temps , quoique l’on fit toute la diligence pos-sible pour l’empêcher de communiquer d’une maison àl’autre. On ne put l’arrêter que vers les deux bouts duvillage où il resta 7 maisons à l’un et à l’autre G ; on eutbien de la peine de sauver l’église , le feu s’étant attachépar deux fois au pignet du toit et à la montre de l’hor-loge ; mais Dieu permit que l’on vînt à chef de la dé-fendre de ce péril. Les Bourguignons s’aidèrent bravementet firent des efforts qui méritent louange pour eux et leursdescendants.

Si on avait autant travaillé pour se défendre du feu quepour sauver le butin , on aurait garanti plus de maisons,comme fit le docteur Brandt, qui demeurait au haut duvillage tant par son assiduité à commander que par sagénérosité à distribuer pain et vin pour soulager et en-courager ceux qui travaillaient, tellement que cette partiedu village fut sauvée, ce qui semblait être un miracle;et moi qui en fis de même à l’autre bout où il resta septmaisons; ce qui se fit par une grâce toute particulière duTout-puissant et parce qu’on coupa la communication dufeu aux lieux les plus étroits et où les maisons étaient siproches qu’il n’y avait presque point d’entre-deux.