EXTRAIT Dü JOURNAL
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On n’a jamais pu découvrir comment ce funeste acci-dent est arrivé, et quoiqu’on ait fait convenir près de300 témoins, ce nonobstant on n’a pu pénétrer jusqu’àl’origine de ce malheur : bien y a-t-il quelques soupçons,mais non pas de preuves. Quelques jours auparavant desenfants s’étaient amusés à tirer dans la grange avec despistolets ; mais ici le feu se print au bas étage.
Et comme après l’incendie il s’agissait de faire la quêtepour rebâtir, la Seigneurie qui n’a rien tant à cœur quele bien du public et du particulier , envoya des messieursdu conseil d’état pour voir tout le dégât et solliciter lesparticuliers de reconstruire de droite file depuis la maisondu commissaire Brandt jusqu’au Lion d’or , afin de fairela rue plus grande, qui auparavant estait bien estroite ;mais on n’en put venir à bout à cause que les muraillesdes mazures étaient en partie bonnes et qu’aussi les fon-dements pouvaient servir, le terrein alloit aussi tropproche de la côte qui est fort haute en cet endroit. Etquoique la Seigneurie menaçât de diminuer les foireset marchés qu’elle avait accordés , l’on fit passer auxvoix les justiciers et conseillers du lieu et le plus porta dene pas ainsy reculer les maisons à cause de tant de diffi-cultés et aussi des fraix excessifs qu’il y aurait eu à cesujet. Et la Seigneurie ordonna que ceux qui n’estaientpas commodes pourraient quêter dans le lieu et hors dulieu, mais non ceux qui étaient riches et commodes ; celadéplut à plusieurs et particuliérement à la femme deJaques des Combes qui, tandis quelle se rendait chezelle tout en colère avec jurements et imprécations , mar-chant après un charriot chargé d’un long bois pour re-bâtir sa maison, la cime du dict bois l’atteignit et luirompit une jambe , emportant la chair et les nerfs telle-