Band 
[Tomes II. - III.]
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N° 6.

A Môtiers, le 4 janvier 1765.

A M. le procureur-général Meuron.

Que de plaisirs à la fois ! Vous auriez eu grand tort,monsieur, de me priver de celui de votre lettre : carquoique vous en disiez , j’ignorerois sans vous l’obligeantbillet qn’elle contient. Comme c’est en partie à vos bon-tés que je dois l’honneur auquel milord Mareschal s’in-téresse, je ne doute point que vous remplissiez de boncœur la commission dont il vous charge ; je n’en oseroisdire autant de l’adjoint qu’il vous donne: on ne sauroitêtre heureux partout.

Milord Mareschal n’oublie point ses amis. Nous enavons tous des preuves. 11 semble qu’honorés égalementde sa bienveillance, et rassemblés sous ce digne pèrecommun , ils devroient tous vivre unis comme des frères-Mon cœur ouvert à ce sentiment, seroit comblé de letrouver dans les autres. Pour vous, monsieur, que j’ho-nore et respecte à cause de vous-même, à qui je dois dela reconnoissance, et que je vois distingué par mon pro-tecteur, par combien de liens, ne vous suis-je pas attachépour la vie.

J. J. Rousseau.