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N° 7.
A Métiers, le 4 mars 1765.
Au même.
Permettez, monsieur, que je vous communique uneidée qui m’est venue depuis l’obligeante visite dont m’ahonoré M. Ch.
Un chevalier de Malte ou soi-disant, qui a séjournécet liiver à Genève , vint me voir, il y a environ six se-maines, de la part, disoit-il, du général des Corses ; maisme trouvant mieux instruit qu’il ne pensoit, il s’aperçutqu’il m’étoit suspect et ne revint plus chez moi. Cela nel’empêcha pas de séjourner encore ici une dixaine dejours , durant lesquels il vit M. de Montm., qui depuislors paroît totalement changé à mon égard. Le prétenduchevalier est allé ensuite à Neuchâtel , où j’ai appris avecsurprise qu’il étoit encore il y a quelques jours, logé àla Couronne, sans qu’on sache ce qu’il y fait, et sansqu’en apparence il voie personne. Cependant son séjourdans votre ville paroît y avoir sur nombre de gens lamême influence qu’il a paru avoir eue sur M. de M.. Jecrois , Monsieur, devoir vous dire encore que dans deslettres que M. de Voltaire écrit à Paris , et dont il ne s’i-magine pas que je puisse avoir connoissance , il se vanted’étranges choses que, s’il plaît au ciel, il n’exécuterapas.
Voila, Monsieur, ce que j’ai cru devoir vous exposer.Ce ne sont peut-être que les chimères d’une imaginationnoircie par l’adversité. Vous êtes bon et sage pour n’ap-précier tout cela que ce qu’il vaut ; mais j’aurais cru