114 —
souveraineté de Jeanne de Hochberg , douairière de Lon-gueville et comtesse de Neuchâtel , pour la modique va-leur de neuf mille francs. A sa mort, arrivée l’an 1565,il laissa aux deux filles qu’il avait eues de sa secondefemme, Marie de Bragance , un héritage obéré, qui futentre elles l’occasion d’un litige de très-longue durée. Lapopulation de Valangin favorisait la plus jeune des sœurs,Isabelle, épouse (le Jean-Frédéric deMadrutz , comte d ’Avy,et lui avait prêté les foi et hommage ; mais les quatrecantons alliés s’étaient prononcés en faveur de l’aînée,Philiberte, qui, après un mariage indigne de sa naissance,s’était alliée à Joseph, comte de Tourniel. Pendant ces con-testations, le mari d’Isabelle, pressé par ses créanciers etfatigué d’une lutte qu’il soutenait sans trop d’espoir, tentade divers côtés des démarches pour aliéner une seigneu-rie dont la possession lui devenait de plus en plus oné-reuse. Il en proposa la vente à Jacques de Savoie , duc deNemours, qui vivait alors dans sa paisible retraite d’An-necy . Sur le refus de ce prince, il fit faire des ouverturesau président de Bourgogne , Pierre Froissard de Broissiœ,et ce magistrat, fort attaché aux intérêts du cardinal deGranvelle, alors vice-roi de Naples, s’empressa de les luitransmettre par l’intermédiaire de Bonnet-Jacquemet, tré-sorier de Salins, l’un des agents du prélat dans notreprovince. Voici ce que ce personnage lui écrivait le 10décembre 1573 (') :
(‘) Mémoires de Granvelle XXIX, 7 k, à la bibl. de Besançon . Toniesles pièces de cette importante et volumineuse collection , qui ont rapportaux affaires publiques, sont livrées à l’impression par ordre du roi desFrançais, soiis le litre de Papiers d’Etat du cardinal de Granvelle. Le IV evolume, contenant l’année 1580 est sur le point de paraître. L’auteur decet article a la principale part à cette publication, qui sort des presses del’imprimerie royale.