Band 
[Tomes II. - III.]
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« Je vouldroye bien que Vostre Ill me Seigneurie huet» moien d’entendre à l’achapt d’une belle pièce que l’on» veult vendre par deçà , qui s’appelle la seigneurie de» Vallengin , qu’est de grande extendue. Elle appartient» à ung seigneur de Madruche, parent du cardinal de» Trente (*) 11 y est seigneur souverain, et vault par an» quatre mil escuz. Elle est assise emprès le conté de» Neufchaslel et confine du long des villages de Mortault.» Il la baillera a cinq pour cent. Ceulx de Berne et de Fri-» bourg l’achepteroient voulentiers, et seroit une belle» pièce et honnorable. Elle souloit appartenir à Monsieur» le conte de Challant, et tout le mal que je saiche en» eux , c'est que les subgecls sont huguenoz. Vostre» lll rae seigneurie le pourra penser, affin que si elle voyoit» que ce soit chose que luy duyse et qu’elle ayt moien de» l’achepter, y entendre.... »

La réponse du cardinal ne se trouve pas dans les pa-piers qui nous restent de lui, mais il dut refuser de prê-ter l’oreille à cette proposition, renvoyant sans doute sonauteur au roi même d’Espagne . En effet, sur la fin del’été de 1575, le comte A'Avy présenta à Don Juan deZuninga , ambassadeur de Philippe II , prés le St Siège ,un mémoire dans lequel sont énumérés en détail les avan-tages de toute espèce qui résulteraient pour S, M. catho-lique de l’acquisition de la seigneurie souveraine de Valan-gin , « séparée du comté de Bourgogne par la rivière du» Doubs, et limitrophe de celui de Neuchâtel et de levê-» ché de Bâle . » Ces avantages ( selon le Mémoire que j’aisous les yeux ) tiennent à la situation topographique du

(*) Louis deMadrutz , originaire du T) roi, évoque de Trente ef cardi-nal. U mourut ou I 600. Son onde. Christophe avait été pourvu de ces deuxdignités.