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[Tomes II. - III.]
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comté ; qu’ils leur ont donné la puissance de lever despéages et de battre monnaie; qu’ils leur ont adressédes mandemens pour décider leurs différents avec lamaison de Châlon , en qualité de juges ; qu’ils leur ontimposé des sommes d’argent ; qu’ils ont ordonné d’auto-rité à ceux de Neuchâtel de contribuer à les fournir, con-fisqué le comté pour crime de lèse-majesté ; et que d’au-tres parts les comtes de Neuchâtel ont parlé de leurcomté comme d’un fief d’empire dont ils ont toujours ré-servé les droits.

Mais quoique le comté de Neuchâtel ait été autrefoisun fief d’empire et même de la maison de Châlon , il nel’est plus à présent, ainsi que je le prouverai.

J’ai déjà dit ci-dessus que les troubles de l’empire etla faiblesse où les empereurs se virent réduits, furent lacause que diverses provinces éloignées de l’Allemagne se détachèrent de son obéissance ; car l’ambition des plusgrands les fit aspirer à la souveraineté dans une conjonc-ture si favorable , et l’appréhension que les autres eurentd’être exposés à leurs violences, leur fit rechercher laprotection de quelque autre puissant prince en la placedes empereurs qui n’avaient plus le pouvoir de les main-tenir. J’estime que cette dernière considération fut lapremière cause qui obligea les comtes de Neuchâtel à serendre vassaux de Jean de Châlons, seigneur d’Arlay ,qui était puissant dans ce temps-là dans la Bourgogne ,et que pour ce sujet ils résignèrent leur comté à l’em-pereur et le firent remettre en fief à Jean de Châlons ,duquel ils le reprirent en même temps en fief. Cette cou-tume de se faire vassal des plus grands s’étant introduitepour se mettre à couvert contre l’usurpation et la vio-lence , il n’y a point de doute que les empereurs s’en de-