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[Tomes II. - III.]
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vaient servir pour leur agrandissement ; mais le malheurde l’empire voulut qu’ils ne furent presque jamais en étatde se mêler des affaires du royaume de Bourgogne. Ce-pendant, ce n’est pas la seule raison qui les obligea à sesoumettre à Jean de Châlons. Je crois qu’ils le firent en-core pour rendre leur comté héréditaire aux filles aussibien qu’aux mâles , comme cela se faisait par la coutumede Bourgogne ; et je fonde mon opinion sur ce que, dansl’acte que j’ai rapporté ci-devant, il est dit expressémentque l’hommage rendu à Jean de Châlon est fait és us etcoutumes de Bourgogne , et que les filles , à défaut desmâles, pourront reprendre ce fief; ce qui est directe-ment opposé au droit des fiefs de l’empire, lesquels nese transmettent pas ordinairement aux filles, ni mêmeanciennement aux mâles, étant au commencement révo-cables à la volonté de l’empereur. Ce qui me fortifie en-core dans ce sentiment, c’est que Jean de Châlon luien devait porter garantie contre l’empereur et le roi desRomains.

Les alliances que les comtes de Neuchâtel ont faitesavec quelques cantons de la Suisse , ont été sans douteun autre moyen qui a servi à les dégager de l’empire età les faire subsister dans leur état. Car, voyant que lesSuisses , formidables à tous leurs voisins, avaient déjàruiné presque toutes les familles nobles du pays, ils cru-rent qu’ils seraient bientôt soumis à leur puissance s’ilsne recherchaient leur amitié. C’est pourquoi Louis, comtede Neuchâtel , fit alliance en l’an 1369 avec la ville deSoleure ; Conrard, comte de Fribourg et de Neuchâtel ,s’allia avec la ville et canton de Berne , l’an 1406, etPhilippe de Hochberg, comte de Neuchâtel , avec la villede Fribourg, l’an 1495, et aussi celle de Lucerne , l’an