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[Tomes II. - III.]
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aient apporté aucune opposition. On ne peut pas direqu’ils n’en ont pas eu la connaissance, puisque ce tempsimmémorial qui s’est écoulé depuis que les comtes de Neu-châtel ont cessé de les reconnaître pour souverains , n’apas permis qu’ils l’aient ignoré. En effet, il est presqueimpossible qu’il se soit passé une si longue suite d’annéessans le leur faire connaître, car le temps découvre toutechose et fait naître une infinité d’occasions qui amènentbientôt au jour ce qui d’abord aurait été inconnu. Puisdonc que les empereurs et l’empire ont tacitement con-sen ti à la perte de leurs droits, qu’on ne s’y opposa pas, non-obstant la connaissance qu’ils en ont dû avoir, on peutdire qu’ils les ont abandonnés et qu’ils en ont souffert vo-lontairement la prescription, de sorte que les comtes deNeuchâtel s’en sont saisis avec, justice, puisque le droit na-turel permet que l’on occupe une chose abandonnée. C’estainsi que par la force du droit naturel et de temps immé-morial , on peut renverser toutes les objections dont j’aifait mention ci-devant ; car de dire qu’un vassal ne peutpas prescrire les droits de son seigneur, s’il ne refuse for-mellement de rendre ses devoirs, et qu’il ne peut paschanger la nature du fief qu’il tient, sans nier ouverte-ment de le tenir en fief, de dire encore que les empereursn’interpellent point les vassaux des vassaux immédiate-ment soumis à l’empire, ces raisons seraient bonnes contrela prescription ordinaire ; mais elles sont de nulle consi-dération contre la prescription immémoriale, puisqu’elleest fondée sur un temps si long , qu’on le peut considérerau regard de la brièveté de la vie de l’homme comme s’ilétait infini. Car il faut nécessairement présumer, commeje viens de le prouver, que le seigneur a eu connaissancedu changement qui s’est fait en la nature du fief, soit que