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[Tomes II. - III.]
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Bourbon ne voulant pas perdre une occasion si favorablede réunir à la souveraineté un membre si important decet état, acheta la seigneurie de Yalangin du comte deMontbéliard , pour la somme de 70,000 écus d’or, sur la-quelle on déduisit les 30,000 écus que l’on avait déjà dé-livrés aux seigneurs de Berne , lorsqu’ils remirent leursdroits.

On voit par tout ce discours que je viens de faire tou-chant la seigneurie de Valangin , que les seigneurs qui lapossédaient n’avaient aucuns droits royaux que ceux quele comte de Neuchâtel leur avait baillés en fief dès qu’ilsétaient leurs vassaux. Car dans l’acte de résignation qu’ilsfirent de leur seigneurie à l’évêque de Bâle , ils ne fontaucune mention de leurs droits royaux , mais seulementdes droits de la simple seigneurie directe. Or, ceux-làétant beaucoup plus considérables que ceux-ci, il estcroyable qu’ils n’eussent pas oublié de les y mettre s’ilsleur eussent appartenu. On voit dans l’instrument de lapaix qui se fit l’an 1303, que Jean, seigneur de Valangin ,reconnaît qu’il est vassal et homme de Rodolphe, comtede Neuchâtel , et qu’il tient en fief de lui la justice civileet criminelle, comme aussi tous les vassaux et hommeslibres de franche condition. Du depuis, Louis comte de Neu-châtel lui céda encore d’autres droits , environ 47 ansaprès cela, en lui remettant en augmentation de fief,deux foires, pour le bourg de Valangin et en lui concédantsous la même condition l’exemption du péage du Locle ,pour ses sujets. Or, comme le comte de Neuchâtel levaitencore le péage au Locle dans la dite seigneurie sur lesétrangers, il ne faut pas douter qu’il n’eût tous les autresdroits royaux qu’il ne leuravaitpas concédés en fief. Toutesces choses montrent bien clairement que les seigneurs de