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Lors le borgheois, advisant soubz l’ombraigeLe dolent sire et son mortel ennuy,
Tout bas disoit, en passant devers luy :
« Nostre Monsieur ha tant piteulx vizaige
« Que va morir ! — Yoires ! c’est grant domaige ! û
« Dieu luy redoint ung petit le couraige !
« Ains, m’est advis que devant Chandeleur« Dame Esabeau sera nostre Signeur !
Cela disoit (et je quy le racconte,
Me sens esmeu ) trop infortuné Comte !
« O miens éfants, (sy l’oyoit-on gémir)
O miens éfants, mon espoir et liesse !
De vous pensois réjoyr ma vieillesse ,
Et quant suis vieil, n’ay plus aultre playsirFors seulement de vous me soubvenir!
Crudéle mort que tant me désespere-, 1
Trois fdz m’has prins, sans pitié de mes maulx !
Que n’has-Ur prins du mesme coup le peire!
Pour quoy tu m’has laissié dessus la terre?
Suis un vieil tronc que plus n’ha ses rameaulx ! »
Sy lamentoit, plorant sa race exteincteLe povre Comte en ses couisantz regretz,
Comme l’oysel que va cryant sa plaincteQuand plus ne treuve au nid ses oyseletz.
Voyoit partout mélancholie empreinte ;
Tout luy sonnoit trespassement et dueil,
Si qu’en la nuyct, ne povant clore l’œil, *
Cuydoit oyr les longues banderollesEn tornoyant sus les tours du chastel,
Clamer aussy ces dolentes paroles :
Plourez la mort du dernier Nueufchastel !