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Autant ce spectacle et la vie sainte et inortiliée que con-tinua de mener Norbert avaient excité l’admiration despersonnes pieuses, autant cela déplut à une partie duclergé, dont une telle régularité accusait la conduite; onvoulut se débarrasser de cette censure importune, et l’ondéféra Norbert à un concile convoqué par ordre du papeGelase II (1118). Norbert y comparut. Ses ennemis lereprésentèrent comme un esprit inquiet, un homme sin-gulier, qui prêchait sans mission et affectait de se vêtird’une manière qui ne convenait ni à sa naissance, ni àl’état clérical. Norbert répondit à toutes ses accusationsavec tant de calme, de modestie et de sagesse , qu’il futrenvoyé absous et comblé de marques d’estime et de bien-veillance. Néanmoins autant pour se livrer tout entieraux travaux des missions que pour se soustraire auxpoursuites des médians , Norbert résolut de quitter l’Al-lemagne et d’aller trouver Gelase ; mais auparavant ilremit ses bénéfices à son archevêque, vendit son patri-moine et en distribua le prix aux pauvres. Puis il com-mença ses pèlerinages pédestres et s’achemina auprès dupape dont il obtint les pouvoirs les plus amples ; il seremit aussitôt en route, prêchant dans les villages, ap-paisant les querelles , réconciliant les ennemis. Il obtintde Calixte II, successeur de Gelase , l’autorisation decontinuer l’œuvre à laquelle il setait voué : puis il se ren-dit à Laon auprès de l’évêque Barthélemi, qui avait étéson introducteur auprès du nouveau pape. Ce prélat leconduisit dans différais lieux de son diocèse propres à unétablissement religieux ; enfin Norbert fit choix d’unvallon désert et marécageux ( 1 ), qui dès ce temps porta
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