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[Tomes II. - III.]
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avec plaisir être la propriété de tous ; et que ceux qui nepossédaient rien, ne cherchent pas dans le couvent cequ’ils n’ont pu avoir ailleurs; toutefois qu’on accorde àchacun d’eux ce que réclame sa faiblesse, alors mêmequ’étant encore dehors il ne pouvait avoir le néces-saire ; et que ceux qui avant leur entrée au couventn’avaient ni la nourriture ni le vêtement, ne s’estimentpas heureux de ce qu’ils ont trouvé l’un et l’autre ; qu’ilsne s’enorgueillissent pas de se voir associés à des hommesauprès desquels dans le monde ils ne pouvaient avoiraccès, mais qu’ils élèvent leur cœur et ne recherchent pasles choses terrestres et vaines , et que les monastères endonnant de l’humilité aux riches ne donnent pas del’orgueil aux pauvres, et ne se rendent ainsi utiles qu’auxpremiers et non point aux seconds.

III. Que les riches ne méprisent point les pauvres.

D’un autre côté , que ceux qui paraissaient être quel-que chose dans ce siècle, n’aient point d’éloignement pourleurs frères que leur pauvreté a conduits dans cette saintecongrégation , et qu’ils s’appliquent plutôt à se glorifiernon du rang et de la richesse de leurs ancêtres , mais dela société de leurs frères pauvres. Qu’ils ne s’enorgueil-lissent pas de ce qu’ils ont versé quelque portion de leursbiens dans la communauté , et qu’ils ne tirent pas des ri-chesses qu’ils ont données au monastère plus de vanitéque s’ils en jouissaient dans le monde. Tout autre vice semeut dans les mauvaises œuvres et les engendre, maisl’orgueil tend des pièges aux bonnes œuvres pour lesétouffer. Et que servirait-il de distribuer tout son bienaux pauvres et de se faire pauvre soi-même, si notre