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avaient vécu dévotement et étaient morts en odeur de sain-teté. On ne sera donc pas étonné si l’on voit dans notreportrait la palme du martyr dans la main de St.-Guil-laume. On voit cet homme pieux désigné tantôt sous lenom de beatus, tantôt sous celui de sanctus. Ces mots si-gnifient quelquefois deux degrés de sainteté différens ;heatus désigne alors un bienheureux, et sanctus un saint ca-nonisé. Souvent aussi ces mots s’emploient indifféremmentl’un pour l’autre, c’est ainsi que l’on donne les deux épi-thètes à la vierge Marie. Il n’est pas invraisemblable queles habitans du comté de Neuchâtel , pleins de respect pourla mémoire de cet homme pieux, ne l’aient placé au rangdes saints sans attendre que le pape ait prononcé sa ca-nonisation, et que ce soit eux qui lui aient donné le titrede patron de Neuchâtel , nom sous lequel on le cite encorequelquefois. Boyve, dans ses Annales, sans indiquer sessources, selon son usage, dit que St.-Guillaume fut ca-nonisé par le pape Honorius IV , en 1286. Mais nousvoyons que dans l’acte de 1281, cité plus haut, St.-Guil-laume avait déjà un autel de son nom dans notre collé-giale. D’après Boyve encore, il serait mort le 10 jan-vier 1240. Quant à l’année, la chose est impossiblecomme nous l’avons vu plus haut, et quant au jour del’obit, il lui a assigné évidemment celui de St.-Guillaumearchevêque de Bourges, qui mourut en effet au 13 e sièclele 10 janvier. C’est de ce dernier saint, et non du nôtre,que l’église romaine célèbre la fête au jour ci-dessus. Lecartouche du portrait ci-joint qualifie St.-Guillaume deprévôt ( prepositus ) de l’église de Neuchâtel . Nous dou-tons qu’il ait jamais revêtu ces fonctions qui n’auraientguères été compatibles avec celle de clerc du comte.Elles étaient d’ailleurs à vie, et durant celle de notre