une fresque dont l’état de bonne conservation le frappad’autant plus, que toutes les autres étaient plus ou moinsendommagées, soit par les intempéries de l’air, soit plusencore par la main de l’homme , et le séjour des moutonset des chèvres, seuls animaux qui puissent arriver sur cecône de rochers élevés. Cette fresque était à huit pieds au-dessus du sol dans l’angle S. E. S. et placée entre unefenêtre et l’arceau gothique de la voûte. On ne voyait dece saint que la partie supérieure jusqu’aux genoux. M. Ma-tile enleva de la muraille les pierres adossées contre elle etqui empêchaient de voir la totalité du dessin , et quellene fut pas sa surprise, de lire dans un cartouche en vo-lute placé aux pieds du saint cette légende : Sanctus Wil-hermus de Anglia, prepositus ecclesie Novi Castri.
Devant partir de Sion quelques heures après, il se hâta defaire de celle fresque un croquis qu’il rapporta à Neuchâtel ,mais avec l’idée de faire faire quelque jour par un hommede l’art ce dessin sur les lieux mêmes. En été 1844, ilinforma de sa découverte la Société d’Emulalion patrio-tique, qui voulut bien le mettre en mesure d’exécuter sonprojet. 11 se rendit de nouveau à Sion , mais non sans in-quiétude sur le sort de sa fresque. Le 1 septembre, il eutla chance de la retrouver intacte, sauf quelques mutila-tions qu’elle avait subie dans la partie inférieure du vê-tement. 11 se hâta d’en prendre le calque, et trouva dansla personne de M. Ritz, de Sion , habile élève de lecolede Munich , l’homme qu’il pouvait désirer pour acheverson travail. Il était temps de s’y mettre, car le salpêtreproduit parle séjour des moutons dans cette chapelle avaitfait depuis trois ans des progrès tels dans le plâtre, quesi l’on eût renvoyé plus longtemps encore, les couleurss’en seraient complètement détachées et seraient tombéesd’elles-mêmes.