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BASSIN DE I.A LOIRE
§ 4. Bassin de la Iioire et plateau central de la France .
Il eût été peut-être plus naturel de traiter, après le bassin duRhin , de la vallée de la Saône, qui a son origine au pied du versantsud de la chaîne méridionale des Vosges ; mais les dépôts qui occu-pent le fond de la grande dépression de la Bresse ne sont pasunanimement rapportés à l’époque dont nous nous occupons, et ilnous semble plus à propos d’en parler en même temps que de ceuxdu bassin du Rhône , avec lesquels d’ailleurs ils ont vers le sud unerelation directe.
Le bassin de la Loire a été peu étudié sous le rapport des dépôtsmeubles qui se sont formés entre les faluns coquilliers tertiaires etl’époque actuelle, et une circonstance particulière est venue dimi-nuer encore le faible intérêt que l’on accorde généralement à cetteclasse de faits. Sur les bords de la Loire , entre Blois et Saumur , onremarque, séparant la craie du calcaire lacustre supérieur, unpoudingue incohérent, d’épaisseur variable, composé de silex dela craie, non roulés, enveloppés dans une glaise impure, sablonneuseou marneuse, grisâtre ou blanchâtre. Cette couche , vers l’ouest etle nord-ouest, devient de plus en plus sablonneuse et puissante ; ellerenferme accidentellement des bancs de grès assez considérables,et elle a été regardée comme le prolongement des grès supérieursde Fontainebleau . En s’avançant vers le nord , le calcaire lacustrequi la recouvrait cesse, et le conglomérat resté seul à la surfacedu sol, plus ou moins altéré, raviné et désagrégé par les agents at-mosphériques, peut être pris alors pour le dépôt quaternaire quenous avons vu dans le nord de la France recouvrir la craie blancheà silex, mais dont la postériorité aux cailloux roulés diluviens nepermet aucune incertitude. Jusqu’à présent il a été fort difficile detracer, dans une partie de la région occidentale comprise entre lebassin de la Seine et celui de la Loire , la limite respective de cesdeux dépôts meubles si différents par leur âge ; aussi nous borne-rons-nous à mentionner quelques observations que nous avons faitessur les deux versants de la vallée de la Loire, entre la ligne departage du Mellerault au nord et le pied du plateau central au sud,pour nous occuper ensuite des vallées supérieures de la Loire et de l’Ailier et des autres parties du centre de la France , où desdépôts diluviens ont été signalés.