GROUPE DES MARNES IRISÉES. 89
Ces couches fossilifères sont séparées du musclielkalk par unesérie de strates qui dépendent encore des marnes irisées. Ce sontceux qui ont été décrits sur le pourtour du bassin et qui renfer-ment les bancs de sel gemme de Vie et de Dieuze . Dans le voisi-nage de ces deux localités, les assises supérieures se montrent seulesà la surface, mais les sources y apportent du muriate de soude quifavôrise le développement d’une végétation rappelant celle des bordsdelà mer (Solicornia herbacea, I.atn. et Cand., etc.).
Le groupe des marnes irisées de Rosières à Sarrable, sur unelongueur de plus de 7 myriamètres, offre un grand nombre desources salées dont les plus importantes ont déterminé la fondationdes salines de Dieuze, de Marsal, de Vie, de Moyenvic, de Château-.Salins , etc. (1). L’exploitation de plusieurs d’entre elles est anté-rieure à l’ère chrétienne (2). Dès le vit' siècle, Vie, Moyenvic etMarsal possédaient des salines (3), et celle de Dieuze existait en893 (h). Un grand nombre d’autres furent établies par la suite.
L’idée que ces sources salées pouvaient annoncer l’existenced’une masse de sel gemme devait, on le conçoit, naître dans l’es-prit des observateurs et des exploitants. Ainsi, en 1299, Jean Loiretaurait, dit-on, offert à l’évêque de Metz de lui découvrir de grandsamas de sel gemme dans le voisinage des salines existant alors ; maisce qui est plus certain, c’est la manière dont Guettard, en 1762,comparant le gisement de sel de Wieliczka (5) avec l’aspect dupays dont nous parlons, en concluait que des recherches faites enLorraine pourraient peut-être conduire à la découverte de quelquesmines de sel en roche ((>). Monnet partageait d’ailleurs complè-tement cette manière de voir et désignait ce même pays par l’épi-thète de pays à plâtre et à sel gemme (7).
Ce ne fut cependant que le 7 juillet 1818, et à l’instigation defeu M.Viguon (de Vie), qu’un premier sondage fut entrepris au lieu
(1) L. Cordier, Ann. des mines, vol. IV, p. 498.
(2) Mathieu de Dombasle , Ann. de chimie et de physique, vol. XII,p. 48.
(3) Dupré, Mêm. sur les antiquités de Marsal et de Moyenvic ,p. 59, 1829.
(4) Piroux, Mem. sur le sel et les salines de la Lorraine ( Acad.des sciences, belles-lettres, etc., de Nancy , mai 1791).
(5) Voyez antè, vol. II, p. 866.
(6) Mêm. de l’Acad. roy. des sciences, pour l’année 1762.
Dépôts
snlifùres.