DES CATACOMBES. a33
nieuse de Delille, et les couleurs rembrunies ousévères d’Young et d’Hervey ( 1 ).
(i) Legouvé (Gabriel-Marie-Jean-Baptiste ), né à Paris le23 juin 1764, élu membre delà deuxième classe de l'Institutle 16 mars 17QC), auteur de la Mort d’Abel , Laurence , Êpichariset Néron , Êtéocle et Polynice, Quint us Fabius , et la Mortd’Henri IV tragédies, du Mérite des Femmes , des Souvenirs,des Sépultures , de la Mélancolie , poèmes , mourut le 3 o août1812, à Page de quarante-huit ans- après une longue et cruellemaladie. M. Lemercier , son ami, prononça sur sa tombe un élogefunèbre qui fit verser des larmes abondantes à tous ceux quiassistèrent à ses obsèques. 11 est , en effet, impossible de ne paslire sans attendrissement les passages suivans :
« Adieu, Legouvé , adieu ! les Muses perdent en toi un gracieux)• et élégant interprète ; l'amitié pleure en te quittant un aimable» et fidèle compagnon, un confident sensible ; elle te dit adieu» pour jamais!
».La mort ne nous a même pas laissé le temps de
» rassembler tes collègues pour le rendre les devoirs funéraires.» Tu n’es environné que de tes parens, que d’un petit nombre de» tes admirateurs ; tu n’as été suivi que de tes amis. Nulle pompe» autour de loi ; point d’autre cortège que les cœurs qui te furent» acquis par tes sentimens affectueux et doux, et qui te demeurent» attachas au-delà de la vie.
».Legouvé , par ses seuls ouvrages , a rempli les deux
» préceptes les plus importans d’un art qui prescrit d'inspirer
r> 1 horreur du mal et Vamour du bien.Voyageur égaré dans
» le pénible passage de la vie, la lassitude de ses maux et de sa» route dut lui faire envier le sommeil auquel s’abandonna le Tasse,lorsqu'il se coucha, comme lui, sur les lauriers poétiques;
11 comme 1m, ses,délicatesses d’organes, facilement ébranlés par5> leur mobilité même, le condamnèrent à survivre à sa noble mtel-* Agence : comme lui, ces passions d'une âme tendre, ces crédulitésM du C02ur tr0 p souvent blessé par les ingratitudes, exaltèrent à
^ esc ès l es ressenlimeus de son esprit.Pour tout dire
)> enfin , l a même sensibilité , dangereuse source de la verve et des