DES CATACOMBES. 345
doute , de plus barbare, de plus contraire à toutebonne police qu’un tel usage. Mais,, pour être justeenvers nos aieux , il faut remarquer que ce n’estpoint eux qui l’ont établi ; seulement ils ont été unpeu de temps sans songer à l’abolir après qu’il sefût introduit, en quelque sorte , par hasard. En effet,tous les cimetières que nous avons vus dans Paris avaient été soigneusement placés hors de la ville. Cettesage coutume, empruntée des plus anciennes lois ro-maines , était si bien observée dans les premiers tempsde la monarchie, que Saint-Eloi fit bâtir l’église Saint-Paul sur la rive droite de la Seine, dans le quartierauquel elle a laissé son nom, pour servir de sépultureaux religieux d’un monastère qu’il avait fondé dansla Cité. Le cimetière des Innocens, lieu ordinaire dela sépulture des premiers Parisiens , était de mêmedans la campagne, lorsque Philippe-Auguste le fit,pour ainsi dire, entrer dans la ville, dont il reculal’enceinte ; il en fut successivement de même des.autres enceintes.
Pour remédier enfin à cet inconvénient toujourscroissant, le Parlement rendit, en 1763, u n arrêtfort salutaire, sans doute, pour les vivans ; mais,il faut le dire, très-peu décent pour les morts. Cetarrêt, qui. n’eut point alors son entière exécution,détermina cependant la clôture du cimetière des Inno-cens , le plus ancien de tous, celui dont le ressort étaitle plus étendu, et contre lequel s’élevait avec raisonle plus de réclamations. Ce cimetière demeura ainsi