55 o DESCRIPTION
Toute cette décoration m’a semblé, je l’avoue, pué*rile et de peu d’effet. Mais à la vue d’un mur etd’une inscription derrière lesquels les corps des mal-heureux e'gorgés dans les prisons, les 2 et 3 sep-tembre 1792 , achèvent de se consumer (1), je fusvivement frappé de la pensée, que ces Catacombesont eu , après dix-sept cents ans, leurs martyrs,comme celles de Rome .
M. Hericart de Thury a formé , dans une salle àpart, un cabinet de minéralogie, où se voient toutesles sortes de sables, de glaises, de cailloux et depierres , dont est composée la couche de terre ,épaisse d’environ quatre-vingts pieds, que le spec-tateur a actuellement au-dessus de sa tête. Cette col-lection acquiert ainsi un intérêt particulier. L’ordredans lequel on l’a rangée est ingénieux; elle com-prend aussi un grand nombre de fossiles étrangersà la terre, trouvés dans ces carrières.
Ailleurs on a exposé, sur deux tables, une collec-tion d’ossemens d’une conformation extraordinaire,soit naturelle, soit artificielle. L’escalier de sortie està deux ou trois cents toises de la barrière , à l’est de laroute d’Orléans, que l’on a traversée sous terre.
Telles sont les Catacombes de Paris, établissementconvenable et nécessaire dans une ville si populeuse,
(,) Ces corps, jetés pêle-mêle dans les‘carrières, après lemassacre . doivent à l'administration actuelle l’espèce de sépulcredans lequel ils sont actuellement renfermés.