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Tome cinquième.
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LE DRONTE.

2ii

trop courles et trop faibles pour lélever dans les airs; il a une queue,maiscette queue est disproportionnée et hors de sa place; on le prendrait pourune tortue qui se serait affublée de la dépouille dun' oiseau, et la nature,en lui accordant ces ornements inutiles, semble avoir voulu ajouter lem-barras à la pesanteur, la gaucherie des mouvements à linertie de la masse,et rendre sa lourde épaisseur encore plus choquante, en faisant souvenirquil est un oiseau.

Les premiers Hollandais qui le virent dans lîle Maurice, aujourdhui lilede France °, lappelèrent walg-vogel, oiseau de dégoût, autant à cause de safigure rebutante que du mauvais goût de sa chair; cet oiseau bizarre esttrès-gros, et nest surpassé à cet égard que par les trois précédents, car ilsurpasse le cygne et le dindon.

M. Brisson donne pour un de ses caractères, davoir la partie inférieuredes jambes dénuée de plumes ; cependant la planche ccxciv dEdwards lereprésente avec des plumes, non-seulement jusquau bas de la jambe, maisencore jusquau-dessous de son articulation avec le tarse ; le bec supérieurest noirâtre dans toute son étendue, excepté sur la courbure de son crochet il y a une tache rouge; les ouvertures des narines sont à peu près danssa partie moyenne, tout proche de deux replis transversaux qui sélèvent encet endroit sur sa surface.

Les plumes du dronte sont en général fort douces; le gris est leur couleurdominante, mais plus foncé sur toute la partie supérieure et au bas desjambes, et plus clair sur lestomac, le ventre et tout le dessous du corps; ily a du jaune et du blanc dans les plumes des ailes et dans celles de la queue,qui paraissent frisées et sont en fort petit nombre. Clusius nen compte quequatre ou cinq.

Les pieds et les doigts sont jaunes, et les ongles noirs; chaque pied aquatre doigts, dont trois dirigés en avant et le quatrième en arrière; cestcelui-ci qui a longle le plus long 1 .

Quelques-uns ont prétendu que le dronte avait ordinairement danslesto-mac une pierre aussi grosse que le poing c , et à laquelle on na pas manquédattribuer la même origine et les mêmes vertus quaux bézoards; maisClusius, qui a vu deux de ces pierres de forme et de grandeur différentes 11 ,pense que loiseau les avait avalées comme font les granivores, et quellesne sétaient point formées dans son estomac.

Le dronte parait propre et particulier aux îles de France et de Bourbon,et probablement aux terres de ce continent qui en sont les moins éloignées ;

а. Les Portugais avaient auparavant nommé cette ile liha do Cirne, cest-à-dire Ile auxCygnes , apparemment parce quils y avaient aperçu des drontes quils prirent pour descygnes. Clusius, Exolic., p. 101.

б. Voyez Clusius, Exotic ., p. 100. Edwards, fig. ccxciv.

c. Voyages des Hollandais aux Indes orientales, t. III, p. 214.

i. Clusius, ubi suprà.