LE DRONTE.
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mais je ne sache pas qu’aucun voyageur ait dit l’avoir vu ailleurs que dansces deux îles.
Quelques Hollandais l’ont nommé dodarse ou dodaers; les Portugais etles Anglais , dodo; dronte est son nom original, je veux dire celui souslequel il est connu dans le lieu de son origine; et c’est par cette raison quej’ai cru devoir le lui conserver, et parce qu’ordinairement les noms imposéspar les peuples simples ont rapport aux propriétés delà chose nommée : onlui a encore appliqué les dénominations de cygne à capuchon a , A'autrucheencapuchonnée b , de coq étranger c , de walg-vogel ; et M. Moehring, quin’a trouvé aucun de ces noms à son goût, a imaginé celui de ruphus, queM. Brisson a adopté pour son nom latin, comme s’il y avait quelque avan-tage à donner au même animal un nom différent dans chaque langue, etcomme si l’effet de cette multitude de synonymes n’était pas d’embarrasserla science et de jeter de la confusion dans les choses : ne multiplions pasles êtr-es, disaient autrefois les philosophes; mais aujourd’hui on doit dire etrépéter sans cesse aux naturalistes, ne multipliez pas les noms sans nécessité.
LE SOLITAIRE* ET L’OISEAU DE NAZARE . **
Le solitaire, dont parlent Léguât # et Carré e , et l’oiseau de Nazareth , dontparle Fr. Cauche f, paraissent avoir beaucoup de rapport avec le dronte,mais ils en diffèrent aussi en plusieurs points; et j’ai cru devoir rapporterce qu’en disent ces voyageurs, parce que si ces trois noms ne désignentqu’une seule et unique espèce, les relations diverses ne pourront qu’en com-pléter l’histoire; et si au contraire ils désignent trois espèces différentes, ce
a. Nieremberg, Hist. nat. maxime peregrinœ, p. 232.
b. Linnæus , Gen., 86; spec., 4.
c. Clusius, Exoiic., p. 100.
d. Voyage en deux îles désertes des Indes orientales , t. 1, p. 98 et 102.
e. Voyage de Carré, cité dans VHist. gén. des Voyages, t IX, p. 3.
f. Description... de l’ile de Madagascar , p. 130 et suivantes.
* « L’espèce du solitaire (didus solitarius Linn. ) ne repose que sur le témoignage de Léguât,« homme qui a défiguré les animaux les plus connus, tels que l’hippopotame et le lamantin.»(Cuvier. )
” « L’oiseau de Nazare ( didus nasarenus Linn.) n’est connu que par François Cauche, qui« le regarde comme le même que le dronte, et ne lui donne cependant que trois doigts, tan-« dis que tous les autres en donnent quatre au dronte. » ( Cuvier. ) — Personne n’a pu revoir nil’oiseau de Nazare ni le solitaire, depuis Léguât et François Cauche. — « De tous les oiseaux,« celui qui parait avoir les ailes le plus complètement réduites à de simples vestiges, c’est« Vaptéryx, représenté par le docteur Schaw ( Nat. miscell. ). Sa forme générale est celle d’unU manchot, sa taille celle d’une oie. Ses pieds seraient à peu près aussi ceux d’un manchot,a mais on les décrit comme n’étant point palmés. Son hec est très-allongé, grêle, marqué« de chaque côté d’un sillon longitudinal, et garni d’une membrane à sa base. Son aile est« réduite à un petit moignon terminé par un crochet. 11 vit à la Nouvelle-Zélande .» (Cuvier.)