vraient ce que le reste du globe avait donned’argent et de matières premières, en échangede leurs bois, de leurs grains, de leur poisson,de leur riz, de leur salaison. Cependant la ba-lance leur fut toujours si défavorable que, lors-que les troubles commencèrent, les coloniesdevaient cent vingt ou cent trente millionsà leur métropole, et qu’elles n’avaient pointde métaux en circulation. »
Si Raynal vivait maintenant, et qu’il vît lavariété et l’abondance des productions de cettecontrée, décrite par lui avec des couleurs sidéfavorables; s’il était transporté comme pas-sager sur les bateaux à vapeur du Missis-fiipi et de l’Ohio, à travers la contrée del’ouest; si dans le cours de ce voyage intérieur,de plus de deux mille milles, il était témoinde cette abondance de grains de toute espèce,de coton, de cannes à sucre, de raisins, d’o-lives, et de toutes les productions utiles àl’homme, et qu’il eût à considérer que tousces objets sont cultivés par les vrais proprié-taires du sol, qui sont en pleine possession deleur liberté, veillent avec zèle à la conserva-tion de leur constitution républicaine, viventdoucement du fruit de leur travail, et for-ment partie d’une grande confédération, qui atriomphé de tous les efforts qu’on a fait pour la