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Tome V. [Livre III.]
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se rendirent à leur bâtiment dans de petits ca-nots faits d’une seule peau de bison, tendue surdes osiers, et travaillée en dedans comme unpanier. Quoique le mariage se fasse d’un con-sentement mutuel, et avec l’approbation dupère de la fille, à peine celle-ci est-elle devenuefemme, qu’on la condamne à une obéissanceservile. Elle est considérée comme la propriétéde son mari, qui, pour différens motifs, et sur-tout si elle se fait enlever, peut la tuer impu-nément. Une des femmes du chef Minetarees’échappa avec son amant : celui-ci l’ayant bien-tôt abandonnée, elle fut obligée de chercherun asile dans la maison paternelle, où le chefalla, l’esprit plein du désir de la vengeance.Les vieillards fumaient autour du feu ; il se joi-gnit à eux sans paraître reconnaître l’infortu-née ; mais, au moment de partir, il la saisit par-les cheveux , et, la traînant à la porte, la tuad’un coup de tomahawk : après quoi il sortit,en criant tout haut, que quiconque voudrait lavenger, le trouverait toujours chez lui. Com-ment accorder cette féroce jalousie ou cet or-gueil avec la complaisance de ce même chef,offrant sa femme ou sa fille aux embrassemensd’un étranger? Pour une vieille tabatière, lepremier chef de la tribu des Mandans prosti-tuait sa fille à un homme de l’expédition, OnTome V.