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Tome V. [Livre III.]
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Plusieurs étaient déjà près d’arriver, lors-que le poids d’une femme très-grasse venant àrompre la vigne, la terre se referma sur lereste. C’est une croyance générale parmi lesMinetarees, qu’ils retourneront par ce lac aupays de leurs aïeux, excepté les méchans qui,chargés du poids de leurs péchés, ne pourronttraverser ses eaux. Les Ricaras ont des contesamoureux qui ont quelque ressemblance pourle fond avec ceux des anciens poètes. Un beaujeune homme devint éperdument épris d’unefille charmante, mais des parens cruels ne vou-lant point consentir à leur union, ramant,'sans espérance, suivi de son chien, errait dansles forêts ; le hasard lui fit rencontrer l’objetde son amour ; résolus de ne jamais se séparer,ils restèrent dans cette solitude , jusqu’à ce quele fruit du raisin qui faisait leur seule nourri-ture, ayant disparu entièrement, ils furenttous deux changés en pierres. Auprès de l’em-bouchure de la rivière Blanche , au milieud’une vaste plaine, est située une colline ap-pelée la montagne des Esprits. Là, sous laforme humaine, sont de petits diables, quin ont pas plus de dix-huit pouces de hauteur,avec des têtes énormes : armés de flèches très-aiguës , ils détruisent tout ce qui approche dulieu de leur séjour. Tout rocher, toute pierre