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Angleterre et n’iront jusqu’à tant queues biens iront toutde commun et qu’il ne sera ne villains ne gentilshommeset que nous seront tous amis et que les seigneurs ne serontplus grands maistres que nous. Comment l’ont-ils desservi?Ne pourquoy nous tiennent-ils en servage? Nous sommestous venus d’un père et d’une mère, Adam et Eve. Enquoy peuvent-ils dire et montrer qu’ils soyent mieux sei-gneurs que nous? Fors parce qu’ils nous font gaigner etlabourer ce qu’ils dépendent? Ils sont vestus de veloux etde camelot, fourrés de vairs et de gris : et nous sommesvestus de povre' draps : ils ont les vins, les épices et lesbons grains, et nous le seigle et le rejet de la paille et sine beuvons que de l’eau. Ils ont le séjour et beaux ma-noirs , et nous avons la peine et le- travail, la pluie et levent aux champs, et faut que de nous viengne et de nostrelabeur ce dont ils tiennent leur état. Nous sommes appelésserfs : et si nous ne faisons à présent leur service, noussommes battus : et si n’avons souverain à qui nous puissionsplaindre, ne qui en vousist ouir, ne faire droit. »
Alors Jehan Vallée engageait le peuple à s’attrouperpour porter ses plaintes au jeune roi Richard; les campa-gnards se racontèrent ces sermons dans les champs , s’a-meutèrent et marchèrent sur Londres , au nombre de 60mille, et commencèrent de grands désordres dahs cetteville. Mais le roi parvint adroitement à les diviser d’inté-rêts , s’empara des plus mutins, parcourut ses états avecune bonne armée, fit pendre ou décapiter plus de quinzecents chefs de cette rébellion, leur reprit les lettres defranchises , qu’il leur avait donné lorsqu’il était trop faiblepour les leur refuser, et les brûla devant eux.
On vit ainsi plusieurs révoltes en France et dans lesvilles de Flandres, pendant les xiv e et xv e siècles; maisnous ne trouvons alors rien de semblable dans les annalesde l’évêché de Bâle , si ce n’est quelques expéditions des