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Bourcard d'Asuel : légende du XIIIme siècle : ancien évêché de Bâle / par A. Quiquerez
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Lucelle sétait empressé de reconnaître tant de bienfaitsen accordant à cette pieuse maison toutes les immunitésecclésiastiques dont labbaye pouvait disposer, en sortequils ne paraissaient faire ensemble quun bon ménage.A la vérité, les nobles voisins étaient peu jaloux de cesprérogatives ainsi concédées à Asuel , parce quils saper-cevaient que le prix dépassait la valeur. Mais les deuxfrères, Henry et Bourcard étaient de pieux et dévots che-valiers qui ny voyaient « nul meschief ne mauvaisetés si» quils trépassèrent sans nul creineur de mort, vers lan» 1160 , » en laissant pour héritage, au fils du premier,le reste des terres allodiales et des fiefs que les Bernardinsnavaient pas eu le teins de prendre.

Bourcard, comme lainé, hérita de son père non seule-ment la jouissance et possession de la seigneurie dAsuel ,mais encore de lamitié des moines, qui redoublèrent deprévoyances pour le jeune baron dont les largesses né-taient pas encore épuisées. Le sire dAsuel , se trouvantbien de la vie quon menait à Lucelle , y allait souvent,mangeait à la table de labbé, y portait de son pain et deson vin quil versait lui-même « es hennas des nonains , »chantait au lutrin, jouait avec eux dans le jardin, les di-rigeait dans lagrandissement du monastère, y couchaitquand la nuit le surprenait dans ses pieux travaux, ensorte que chacun pensait quil finirait par y passer le restede sa vie ( 4 ).

p. H2 et 175. Morel, p. 47. Walcli. miscel. Lucel , tom. I, p. 368. Archives de Lucelle .

(') Nous trouvons un exemple semblable dans la vie de Louis IX , et lecontinuateur de Ecrthold de Gonstance , en parlant de lentousiasme quirégnait alors pour fonder des monatères, nous dit : Comités et marchionesin coquina et pristina fratribus servire et porcos eorum pascere pro deliciiscomputabant.

Trithemius , tom. I, p. 254. « Hermannus, Marchio Badnnsis, veniensin habitu pauperis peregrini ad monasterium cluniacense in Burgundiam-eustos porcorum cjusdcm cœnobii, pro amore Christi, faclus est. »