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H essaya d’abord d’amener Bourcard, par les voix de ladouceur, à entrer en arrangement, mais le baron se méfiaitde l’évêque depuis qu’il s’était entendu avec les moinespour l’enrôler dans les rangs des croisés, et il repoussa sesavances. Ce prélat tenta alors de l’effrayer par les menacesd’excommunication que sa conduite à l’égard des biens dumonastère lui avait évidemment fait encourir : Bourcardlui fit répondre que si on lui fermait la porte des églises ily perdrait peu, parce qu’il ne s’y présentait plus depuislongtemps. 11 fallut enfin recourir à l’empereur, mais alorsOthon IV luttait en Italie contre le Pape Innocent III , au-trefois son soutien, et ce souverain Pontife le faisait excom-munier et déclarer déchu du trône, tandis qu’il élevait àl'empire le jeune Frédéric, roi de Sicile . Lutold ignorait laprochaine arrivée de ce prince, il était même encore in-décis s’il le reconnaîtrait pour empereur ou s’il suivrait leparti d’0thon( 4 ), et dans, cette incertitude il ne peut re-courir au chef de l’empire pour amener Bourcard à unaccord avec Lucelle . La noblesse du voisinage, intéres-sée pour le moment au maintien de la paix, et prenantplutôt parti pour le baron d’Asuel que pour les moines ,offrit sa médiation et l’engagea, non sans peine, à entreren arrangement, à condition que Hélinand ne paraîtraiten aucune manière dans le traité.
(XII). L’accord fut scellé à Lucelle , le H juillet 1212,en présence de l’évêque de Bâle, de l’abbé Conrad et deses religieux, de Hugues, prieur de Miserez, des cheva-liers Walter et Bourcard d’Asuel , de Bourcard de Viler ,de Bourcard de Ferrette et de plusieurs autres. Le barond’Asuel rendit le moulin de Loffen à l’abbaye, garda les
(■) Cet évêque embrassa la cause de Frédéric, et lorsque celui-ci vint àBâle , en septembre 1212 , il lui fournit un corps de troupes contre Othon ,et l’accompagna en Allemagne où il assista à une diète à Mayence . — LaGuille , hist. d’Alsace , t. III, p. H6. — Ursperg, p. 352. — Et diverseshist, manus. de l’Ev. de Bâle .