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ont attiré l’attention des Druides, et que les deux gigan-tesques statues dressées sur le flanc de cette montagne ontété regardées comme deux divinités jumelles et nomméesle Fils et la Fille-de-Mai.
Un mémoire sur les traditions populaires de la Séqua-nie, couronné à l’académie de Besançon, nous fait con-naître l’existence de vierges mères qu’on adorait sous di-verses formes^ il nous montre que les mots Meiiar et Maïr<dans les langues du nord de l’Europe , signifient l’une desvierges et l’autre les mères ; et il y rapporte l’inscriptiondiismairabus , trouvée à Lyon . M. Monnier, dans ses étudesarchéologiques .sur le Bugey ( 4 ), nous apprend aussi qu’ilexiste des vestiges de cette croyance aux déesses Maires,Maira, Maire, Maria, dans cette partie du Jura .
Ainsi le nom même de la Fille-de-Mai donné à la co-lonne de Bourrignon, indique suffisamment son origine etnous fait voir que le druidisme entretenait chez nous lamême croyance que chez nos voisins.
H ne reste plus qu’une de ces statues ; le Fils-de-Maiayant été renversé par quelque tremblement de terre. Onvoit, cependant, tout à côté et sur la même ligne, un rocde même forme, qui fait présumer qu’il y avait trois deces colonnes. La Fille-de-Mai dresse encore fièrement satête couronnée d’un pin sylvestre , et de loin on croit voirune femme nue jusqu’à la ceinture , et voilant le reste deson corps sous le feuillage de la forêt.
Sa hauteur est d’environ 120 pieds du côté du midi,mais vers le nord, étant appuyée à la colline, elle est moinsélevée. On voit encore un reste d’escalier qui conduit dansune espèce de grotte , connue des bergers sous le nom dechambrette (poya) . Elle a pu servir aux Druides pour yrendre des oracles et parler au peuple assemblé au bas ducoteau, sur le bord du ruisseau de la Lucelle , qui prend