Buch 
Bourcard d'Asuel : légende du XIIIme siècle : ancien évêché de Bâle / par A. Quiquerez
Entstehung
Seite
167
JPEG-Download
 

167

ont attiré lattention des Druides, et que les deux gigan-tesques statues dressées sur le flanc de cette montagne ontété regardées comme deux divinités jumelles et nomméesle Fils et la Fille-de-Mai.

Un mémoire sur les traditions populaires de la Séqua-nie, couronné à lacadémie de Besançon, nous fait con-naître lexistence de vierges mères quon adorait sous di-verses formes^ il nous montre que les mots Meiiar et Maïr<dans les langues du nord de lEurope , signifient lune desvierges et lautre les mères ; et il y rapporte linscriptiondiismairabus , trouvée à Lyon . M. Monnier, dans ses étudesarchéologiques .sur le Bugey ( 4 ), nous apprend aussi quilexiste des vestiges de cette croyance aux déesses Maires,Maira, Maire, Maria, dans cette partie du Jura .

Ainsi le nom même de la Fille-de-Mai donné à la co-lonne de Bourrignon, indique suffisamment son origine etnous fait voir que le druidisme entretenait chez nous lamême croyance que chez nos voisins.

H ne reste plus quune de ces statues ; le Fils-de-Maiayant été renversé par quelque tremblement de terre. Onvoit, cependant, tout à côté et sur la même ligne, un rocde même forme, qui fait présumer quil y avait trois deces colonnes. La Fille-de-Mai dresse encore fièrement satête couronnée dun pin sylvestre , et de loin on croit voirune femme nue jusquà la ceinture , et voilant le reste deson corps sous le feuillage de la forêt.

Sa hauteur est denviron 120 pieds du côté du midi,mais vers le nord, étant appuyée à la colline, elle est moinsélevée. On voit encore un reste descalier qui conduit dansune espèce de grotte , connue des bergers sous le nom dechambrette (poya) . Elle a pu servir aux Druides pour yrendre des oracles et parler au peuple assemblé au bas ducoteau, sur le bord du ruisseau de la Lucelle , qui prend

(*) Annuaire du département de lAin , 1841 , p. 12 à 17.