§4 De l’esprit des Lois,
LIVRE XXXI.
Théorie des Loix féodales chez les Francs ,dans le rapport qu'elles ont avt <' lesrévolutions de leur monarchie.
CHAPITRE P R L wl IER.Changemens dans les offices et les fiefs.
D’abord les comtes n’étoient envoyésdans leurs districts que pour un an 5 bien-tôt ils achetèrent la continuation de leursoffices. On en trouve un exemple dès lerègne des petits-enfans de Clovis . Un cer-tain Peonius ( 1 ) étoit comte dans la villed’Auxerre ; il envoya son fils Mummolus porter de l’argent à Gontran , pour être con-tinué dans son emploi : le fils donna de l’ar-gent pour lui-même , et obtint la place dupère. Les rois avoient déjà commencé à cor-rompre leurs propres grâces.
Quoique , par la loi du royaume , lesfiefs fussent amovibles , ils ne se donnoientpourtant, ni ne s’ôtoient d’une manière ca-