284 L V S IM A (J 1) ï,comme ses vertus : il étoit terrible dans sacolère : elle le rendoit cruel. Il fit couper lespieds, le nez et les oreilles à Callisthène ;ordonna qu’on le mît dans une cage de fer ,et le fit porter ainsi à la suite de l’armée.
J’aimois Callisthène 3 et de tout temps,lorsque mes occupations me laissoient quel-ques heures de loisir, je les avois employéesà l’écouter : et si j’ai de l’amour pour lavertu, je le dois aux impressions que sesdiscours faisoient sur moi. J’allai le voir.« Je vous salue, lui dis-je, illustremalheu-» reux, que je vois dans une cage de fer ,» comme on enferme une bête sauvage, pourü> avoir été le seul homme de l’armée.
» Lysimaque, me dit-il, quand je suis dans» une situation qui demande de la force et» du courage, il me semble que je me trouve» presqu’à ma place. En vérité, si les dieux» ne m’avoient mis sur la terre que pour y» mener une vie voluptueuse , je cioiroisV qu’ils m’auroient donné en vain une ame» grande et immortelle. Jouir des plaisirs» des sens, est une chose dont tous les hom-» mes sont aisément capables : et si les dieux» ne nous ont fait que pour cela, ils ont fait» un ouvrage plus parfait qu’ils n’ont voulu,» et ils ont plus exécuté qu’entrepris. Ce» n’est pas, ajouta-t-il, que je sois insensible.» Vous ne me faites que trop voir que je ne» le suis pas. Quand vous êtes venu à moi,P j’ai trouvé d’abord quelque plaisir à vous