ET I S M É N I E. l5
été scs senliinens dans tout le tempsqu’on nous avoit arrachés l’un à l’autre,ses jalousies pendant qu’elle crut queje ne Paiinois plus, sa douleur quandelle vit que je l’aimois encore, sa fureurcontre une loi barbare, sa colère contremoi qui rn’y soumettois. Elle avoitd’abord formé le dessein d’immoler laprincesse ; elle avoit rejeté cette idée :elle auroit trouvé du plaisir à mourir àmes jeux ; elle n’avoit point douté queje ne fusse attendri. Quand j’étois dansses bras, disoil elle, quand elle me pro-posa de quitter ma patrie , elle étoit déjàsure de moi.
Ardasire n’avoit jamais été , si heu-reuse ; elle étoit charmée. Nous nevivions point dans le faste de laMédie;mais nos mœurs étoient plus douces.Elle voyoit dans tout çe que nous avionsperdu, les grands sacrifices que je luiavois faits. Elle étoit seule avec moi.Dans les sérails , dans ces lieux de dé-lices , on trouve toujours - l’idée d’unerivale ; et lorqu’on y jouit de ce qu’onaime , plus on aime , et plus on estalarmé.
Mais Ardasire n’avoit aucune défiance;4 le cœur étoit assuré du cœur. 11 semble