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7 (1805) Lettres familières
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16 A R S A C E

quun tel amour donne un air riant àtout ce qui nous entoure, et que, parcequun objet nous plaît, il ordonne àtoute la nature de nous plaire ; il semblequun tel amour soit cet enfant aimabledevant qui tout se joue, et qui sourittoujours.

Je sens une espèce de douceur à vousparler de cet heureux temps de notrevie. Quelquefois je perdois Ardasiredans les bois, et je la retrouvois auxaccens de sa voix charmante. Elle separoit des fleurs que je cueillois; je meparois de celles quelle avoit cueillies.Le chant des oiseaux, le murmure desfontaines, les danses et les concerts denos jeunes esclaves , une douceur par-tout répandue, éloient des témoignagescontinuels de notre bonheur.

Tantôt Ardasire étoit une bergèrequi, sans parure et sans ornemens, semontroit à moi avec sa naïveté naturelle;tantôt je la vojois telle quelle étoit,lorsque j etois enchanté dans le sérail deMédie.

Ardasire oecupdit ses'femmes à desouvrages charmans : elles füoient la lainedïfivcatiie; elles employoient la pour-pre de Tjr. Toute la maison goùtoit