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7 (1805) Lettres familières
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A R S A C E j

La veille du mariage de la favorite, jun jeune homme beau comme lamour, 1vint me porter un panier de très-beau *fruit. Je lui donnai quelques pièces dar-gent; il les prit, laissa le panier, et neparut plus. Je portai le panier à Ardasire ;je le trouvai plus pesant que je ne pen-sois. Nous mangeâmes le fruit, et noustrouvâmes que le fond étoit plein dedariques. Cest le génie, dit-on danstoute la maison , qui a apporté un trésor,ici pour les dépenses des noces.

Je suis convaincue, disoit Ardasire ,que cest un génie qui fait ces prodigesen notre faveur. Aux intelligences supé-rieures à nous , rien ne doit être plusagréable que lamour : l'amour seul a uneperfection qui peut nous élever jusquàelles. Arsace, cest un génie cjui con-noit mon cœur, et qui voit à quel pointje vous aime. Je voudrois le voir , etquil prit me dire à quel point vousmaimez.

Je reprends ma narration.

La passion dArdasire et la mienneprirent des impressions de notre diffé-rente éducation et de nos di/férens carac-tères. Ardasire ne respiroil que pouraimer ; sa passion étoit sa vie ; toute son