E T I S M É N I E. ÏQ
Toutes les conjectures que “je faisois, sedétruisoieut les unes les autres.
On fait, dit Aspar en interrompantArsace, des contes merveilletix de cer-tains génies puissans qui s’attachent auxhommes, et leur font de grands biens.Rien de ce que j’ai ouï dire là-dessusn’a l'ait impression sur mon esprit; maisce que j’entends m’étonne davantage :vous dites ce que vous avez éprouvé, etnon pas ce que vous avez ouï dire.
Soit que ces secours , reprit Arsace,fussent humains ou surnaturels, il estcertain qu’ils ne me manquèrent jamais,et que de la même manière qu'un» in-finité de gens trouvent par tout la mi-sère , je trouvai par-tout les richesses ;et, ce qui vous surprendra , elles ve-noient toujours à point nommé : je n’aijamais vu mon trésor prêt à finir, qu’unnouveau- n’ait d’abord reparu ; tant l’in-telligence qui veilloit sur nous éloit at-tentive. 11 y a plus; ce n’étoient pas seu-lement nos besoins qui étoient prévenus,mais souvent nos fantaisies. Je n’aimeguère , ajouta-t-il, à dire des chosesmerveilleuses. Je vous dis ce que je suisforcé de croire, et non pas ce qu’il fautque vous croyiez.