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A mesure que j’évilois lant de dangers,mon cœur devenoit moins tranquille. ILlalloit revoir Ardasire, et tout me faisoitcraindre pour elle. Ses femmes et seseunuques lui avoient caché l’horreur denotre situai ion , mais ne me voyant plusauprès d’elle, elle me croyoit coupable;elle s’imaginoil que j’avois manqué àtant de sermens que je lui avois faits.Elle ne pouvoit concevoir celle bar-barie de l’avoir fait enlever sans lui riendire. L’amour voit lout ce qu’il craint,La vie lui devint insupportable ; elleprit du poison ; il ne fit pas son effetviolemment. J’arrivai, et je la trouvaimourante. Ardasire , lui dis-je, je vousperds , vous mourez ! cruelle Ardasire !
hélas ! qu’avois-je fait ?- Elle versa
quelques larmes. Arsace, me dit-elle,il n’y a qu’un moment que la mort mesembloit délicieuse ; elle me parait ter-rible depuis que je vous vois. Je sensque je voudrais revivre pour vous , etque mon ame me quitte malgré elle.Conservez mon souvenir ; et, si j’ap-prends qu’il vous est cher , comptezque je ne serai point tourmentée chezles ombres. J’ai du moins cette conso-lation , mon cher Arsace , de mourirdans vos bras.