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LETTRE IV.
A M. Vabbè NlCCOLïNT,
J’ai reçu, cher et illustre abbé (i) ,avec une véritable joie , la lettre quevous m’avez fait l’honneur de m’écrire.Vous êtes un de ces hommes que l’onn’oublie point , et qui frappez unecervelle de leur souvenir. Mon cœur ,mon esprit sont tout à vous, mon cherabbé.
(i) L’abbé marquis Niccolini , un des pluscbers et des plus illustres amis que l’auteur aiteus en Italie , se lia avec lui à Florence . Aprèsavoir demeuré long-temps à Rome sous le ponti-ficat du pape Corsini, dont il étoit parent, ils’est retiré dans sa patrie , uniquement occupédes lettres , de la philosophie et des vues dubien public. Il a voyagé dans tes pays étrangers,et y a été lié avec les plus grands hommes. Lors-que, sous le ministère Lorrain , dont il étoit mé-diocre admirateur, il eut ordre de ne point rentreren Toscane , M. de Montesquieu s’écria en appre-nant cette nouvelle : Oh ! il faut que mon amiNiccolini ait dit quelque grande vérité !,