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Vous m’apprenez deux choses bienagréables ; l’une , que nous verronsmonseigneur Cérati en France ; l’autre,que madame la marquise Ferroni sesouvient encore de moi. Je vous prie decimenter auprès de l’un et de l’autre cetteamitié que je voudrois tant mériter. Unedes choses dont je prétends me vanter ,c’est que moi, habitant d’au delà desAlpes , aye été aussi enchanté d’elle (i)que vous tous.
Je suis à Bordeaux depuis un mois,et jy dois rester trois ou quatre moisencore. Je serois inconsolable si celame l'aisoit perdre le plaisir de voir lecher Cérati. Si cela étoit , je préten-drois bien qu’il vînt me voir à Bordeaux .Il verroit son ami, mais il verroit mieuxla France , où il n’y a cjue Paris et lesprovinces éloignées qui soient quelquechose, parce que Paris n’a pas pu encoreles dévorer. Il i'eroit les deux côtés ducarré , au lieu de l’aire la diagonale , et
(i) C’étoit la dame de Florence qui brillditle plus par son esprit et sa beauté. La meilleuresociété s’assembloit chez elle. L’auteur lui futfort attaché pendant son séjour à Florence ; àmon cassage dans cette ville elle vivoit encore,mais dans un état d’inlirniité.