FAMILIÈRES. 215
vous savez qu'il a son style particulier,auquel il ne renonce pas, même quandil parle aux ministres (1). Marquez-moice que je dois lui répondre; il viendrachez vous tous les soirs, jusqu’à ce quela lecture soit terminée. Bon soir.
Di Parie , à son logis , « 1749.
parlé de Paradis, d'Enfer et de Purgatoire sanslui en donner aucune idée ; qu’avancé en âge , sesprécepteurs lui ont souvent répété les mêmeschoses , sans l’éclairer davantage ; que dans l’àgemûr il a consulté dilïérens théologiens, et qu ilsl’ont laissé dans la même obscurité; mais, qu'ayantfait un voyage en Italie , il a trouvé que le pre-mier poëte de cette nation étoit le seul qui l’eûtsatisfait sur la nature de ces trois demeures dan*l’autre monde ; ce qui l’avoit déterminé à letraduire en françois pour être utile à ses con-citoyens.
(1) Il detnandoit un jour quelque chose deM. de Chauvelin , alors garde des sceaux , tou-chant le procès qu’il avoit pour le duché u’Es-touteville qu’on lui conlestoit ; ce ministre s’eloitservi de ces termes en lui parlant : « Monsieur,» je dois vous dire que ni le roi, ni M. le car-»> dinal , ni moi , n'y consentirons jamais. » Aquoi M. d’Estouteville répliqua sur-le-champ ;u Ma foi, monsieur , voilé deux beaux pendansm que vous donnez au roi , M. le cardinal et» vous. Je suis fils et petit-fils de ministres; mais,u si mon père ou mon grand-père eussent tenut> un pareil propos, on les cul mis aux petites—»» maisons ; » et il se retira,
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