AVIS SUR LA NOUVELLE TÊTE.
Il lu ut expliquer pourquoi nous persistons à présenter le projet d’une nouvelle tête partantde Paris , de l’en-trepôt des vins, et remontant la vallée de la Bièvre.
D’abord nous sommes convaincus qu’il serait très dangereux pour le public, qu’il serait même impossible,surtout aux abords de la capitale, qu’une ligne aussi longue et aussi fréquentée parle commerce et les voya-geurs, que le sera infailliblement celle de Paris à Bordeaux, par Chartres et Tours , fît son service avec unetête d’emprunt et chargée d’un autre service ^bientôt l’administration des ponts-et-chaussées et le gouverne-ment reconnaîtront cette vérité et en feront une règle invariable. Si on ne veut pas s’en tenir aux prévisionsdu simple bon sens, on sera bien forcé d’en croire au moins les leçons de l’expérience; or, les nombreux etgraves accidents, arrivés déjà sur le chemin de Saint-Germain, suffiraient seuls pour trancher la question etpour faire prévaloir un principe que nous soutenons depuis près de six années, et qui naguère était hautementprofessé par M. le directeur-général et par le conseil des ponls-ct-chaussées. Lorsqu’outre son service spé-cial , ce chem’n de Saint-Germain devra faire en même temps celui de Versailles , cette addition de mouve-ment amènera sans faute de plus fréquents malheurs, et si l’on avait l’imprudence de jeter encore sur cetteligne tout l’immense mouvement de celle Paris à Bordeaux et de ses embranchements, il faudrait s’attendreà voir un véritable chaos, où les désastres se multiplieraient à l’infini, lors même qu’on se résignerait à deslenteurs qui feraient perdre les plus précieux avantages des chemins de fer et qui, au bout du compte, neremédieraient à rien.
Si donc nous persistons à présenter notre nouvelle tête, ce n’ést ni par obstination, ni par amour-propre,c’est uniquement pour remplir le devoir que notre qualité d’ingénieur nous impose envers notre compagnie,et envers le public avant tout ; ensuite que l’administration, usant de son droit, nous permette de partir del’entrepôt des vins ( à Paris), ou nous contraigne à partir seulement de Versailles , notre conscience sera satis-faite , et nous nous soumettrons à la décision qui sera prise.
AVANT-PROPOS.
he Mémoire qu’on va lire est le résultat de quatorze années d’études.
Défenseur zélé de la liberté constitutionnelle, l’auteur se vit frapper de condamnationsgraves et fréquentes, et enfin dépouillé de sa propriété en 1822, au moyen d’un règlementde 1 663 , qu’on venait d’exhumer des archives de l’ancien régime. Comme les persécutionscontinuaient toujours, il alla, en 1824? chercher un asile en Angleterre, pays d’industrie plusque de liberté.
Précisément à cette époque les Anglais, instruits par l’exemple d’un ingénieur français ,de Beaumont qui avait jadis établi des chemins de fer dans les mines de Cornwallis , commen-cent à faire l’application du fer aux voies de communication. C’est aussi à cette époque que