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Mémoire sur le projet d'un chemin de fer de Paris à Bordeaux, partant de l'entrepôt des vins à Paris : passant par Sceaux, Buc, Rambouillet, Maintenon, Chartres Châteaudun, Vendôme... / par Alexandre Corréard
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AVIS SUR LA NOUVELLE TÊTE.

Il lu ut expliquer pourquoi nous persistons à présenter le projet dune nouvelle tête partantde Paris , de len-trepôt des vins, et remontant la vallée de la Bièvre.

Dabord nous sommes convaincus quil serait très dangereux pour le public, quil serait même impossible,surtout aux abords de la capitale, quune ligne aussi longue et aussi fréquentée parle commerce et les voya-geurs, que le sera infailliblement celle de Paris à Bordeaux, par Chartres et Tours , fît son service avec unetête demprunt et chargée dun autre service ^bientôt ladministration des ponts-et-chaussées et le gouverne-ment reconnaîtront cette vérité et en feront une règle invariable. Si on ne veut pas sen tenir aux prévisionsdu simple bon sens, on sera bien forcé den croire au moins les leçons de lexpérience; or, les nombreux etgraves accidents, arrivés déjà sur le chemin de Saint-Germain, suffiraient seuls pour trancher la question etpour faire prévaloir un principe que nous soutenons depuis près de six années, et qui naguère était hautementprofessé par M. le directeur-général et par le conseil des ponls-ct-chaussées. Lorsquoutre son service spé-cial , ce chemn de Saint-Germain devra faire en même temps celui de Versailles , cette addition de mouve-ment amènera sans faute de plus fréquents malheurs, et si lon avait limprudence de jeter encore sur cetteligne tout limmense mouvement de celle Paris à Bordeaux et de ses embranchements, il faudrait sattendreà voir un véritable chaos, les désastres se multiplieraient à linfini, lors même quon se résignerait à deslenteurs qui feraient perdre les plus précieux avantages des chemins de fer et qui, au bout du compte, neremédieraient à rien.

Si donc nous persistons à présenter notre nouvelle tête, ce nést ni par obstination, ni par amour-propre,cest uniquement pour remplir le devoir que notre qualité dingénieur nous impose envers notre compagnie,et envers le public avant tout ; ensuite que ladministration, usant de son droit, nous permette de partir delentrepôt des vins ( à Paris), ou nous contraigne à partir seulement de Versailles , notre conscience sera satis-faite , et nous nous soumettrons à la décision qui sera prise.

AVANT-PROPOS.

he Mémoire quon va lire est le résultat de quatorze années détudes.

Défenseur zélé de la liberté constitutionnelle, lauteur se vit frapper de condamnationsgraves et fréquentes, et enfin dépouillé de sa propriété en 1822, au moyen dun règlementde 1 663 , quon venait dexhumer des archives de lancien régime. Comme les persécutionscontinuaient toujours, il alla, en 1824? chercher un asile en Angleterre, pays dindustrie plusque de liberté.

Précisément à cette époque les Anglais, instruits par lexemple dun ingénieur français ,de Beaumont qui avait jadis établi des chemins de fer dans les mines de Cornwallis , commen-cent à faire lapplication du fer aux voies de communication. Cest aussi à cette époque que