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existe une coupe qui, non seulement montre toute la série des ro-ches crétacées, mais encore, suivant M. Murchison, leur passagelithologique à des roches nummulitiques inséparables à leur tourdu véritable flysch. De sorte que l’indépendance de ces couchesnummulitiques, d’une part de la formation crétacée, et de l’autredu macigno ou du flysch qui les recouvre, indépendance invoquéepar M. A. Favre dans un mémoire dont nous parlerons tout àl’heure, n’existerait point dans cette partie de la Savoie , où desdislocations ne sont pas venues masquer les vrais rapports stratigra-phiques. Le célèbre géologue anglais ne doute pas d’ailleurs queles assises nummulitiques ne soient entièrement distinctes de lacraie sur laquelle elles reposent, et qu’elles ne soient le vrai repré-sentant de la formation tertiaire inférieure ( eocène ) des Alpes .
Après avoir indiqué la position des deux chaînes des monts Vergyset de la Pointe-Percée, qui bordent la vallée du Reposoir, entreCluse et Thone, ainsi que la direction de leurs couches qui se cor-respondent en inclinant en fond de bateau vers l’axe de la vallée,M. A. Favre (1) a montré que le milieu de cette dernière étaitoccupé par un massif appelé la montagne des Anes, dont l’éléva-tion égale presque celle des chaînes latérales. Ces dernières sontcomposées, vers leur centre, de couches jurassiques, régulièrementrecouvertes, de chaque côté, par les deux étages néocomiens, au-dessus desquels viennent le grès vert ou gault, par places des calcai-res représentant celui de Seewen , puis le calcaire à Nummuliles,et le flysch , alternant avec le grès de Taviglianaz , des cargneules,des calcaires rouges et une roche de quartz subordonnée. Des deuxcôtés de la vallée toutes ces assises semblent plonger sous la mon-tagne des Anes placée au milieu et composée de calcaires grisâtres cljaunâtres, avec des Ammonites, des Bélemnites et d’autres fossilesprobablement jurassiques. A ce sujet, le savant professèur de Ge-nève rappelle d’autres exemples de superposition aussi singuliers,dont nous parlerons ci-après, mais qui, pour n’être pas toujours ex-plicables, dans l’état actuel de nos connaissances, lorsqu’on prend enconsidération les phénomènes qu’a éprouvés cette région des Alpes ,ne nous paraissent pas pour cela de nature à impliquer une contra-diction réelle avec les lois généralement admises.