FRANCE CENTRALE,
333
» Quant à la grande masse des éruptions basaltiques, elle a suivi» assez exactement les deux rameaux qui traversent la Limagne et» réunissent les doux chaînes du Forez et de l’Auvergne, dont l’un» se trouve exactement sur le prolongement de la chaîne principale» des Alpes et dont l’autre lui est parallèle. I.a direction générale suivie» par les éruptions de cette époque fait un angle de 70° avec» celle des éruptions trachytiques, mais la matière en fusion, profi-» tant des fentes déjà déterminées dans le sol par les dislocations des» époques de soulèvement du Mont-Viso, de la Corse et des Alpes » occidentales, s’est répandue au dehors suivant des directions obli-» ques et même perpendiculaires à celles-ci, sur une étendue en« longueur qui va jusqu’au quart de celle des grandes lignes. C’est» ainsi qu’entre le Cantal et le JIont-Dore, deux points où les lignesa de dislocation de la Corse, des Alpes françaises et des Alpes prin-» cipalcs viennent se croiser, les nappes basaltiques, couvrant pres-» que toute la surface du sol, sont assez uniformément répandues,h tandis qu’à l’est et à l’ouest les deux bandes sont séparées par un es-» pace de 18 kilomètres de large dans lequel on ne rencontre au-» cune trace de basalte.
» A 3 myriainètres au sud de Saint-Flour il existe une troi-» sième bande d’éruptions basaltiques parallèle aux deux autres, et» dont nous n’avons observé que l’extrémité orientale. Les basaltes» ont percé le gneiss, le granité, le terrain houiller, le terrain ter-» tiaire et les plus anciens; dépôts diluviens ; on les voit même sou-» vent recouvrir des masses de cailloux roulés basaltiques; ils sont» sortis par une infinité d’ouvertures dont plusieurs sont encore» parfaitement reconnaissables. Beaucoup présentent des cônes de» scories plus ou moins considérables, mais sur aucune on ne voit» de cratère semblable à ceux qui ont vomi les coulées de lave. Les» nappes basaltiques ne sont compactes que lorsque l’inclinaison» sous laquelle elles ont coulé ne dépasse pas 2° ; au-dessus elles» sont toujours scoriacées, et sous un angle de 6“ elles ont roulén comme les laves. Ainsi donc , lorsqu’on trouve des nappes ou» portions de nappes compactes sous une inclinaison de 8° à 12°,» on peut être certain qu’elles ont été dérangées après leur consoli-» dation.
» Tous les cratères modernes, ceux d’où sont sortis des coulées» de lave, semblables à celles de l’Etna et du Vésuve , se trouvent» placés sur le faîte du grand bombement de la chaîne du Puy-de-» Dôme, suivant deux lignes éloignées de 6 kilomètres l’une do