CHAPITRE VII.
ROCHES IGNÉES OU PYROGÈNES DE L’ASIE OCCIDENTALE (1).
§ l.Asie mineure.
On a déjà vu (antè, p. 666 et 668) quelle était la position des tra-chytes (porphyres pyroxéniques) et de leurs conglomérats à l’entréedu Bosphore, sur la côte d’Europe , le long de la mer, et sur la riveasiatique opposée, ainsi qu’au vieux château Génois, et au nord deScutari. Sur ce dernier côté du canal de Constantinople , les con-glomérats trachytiques, pris dans leur ensemble, sont distinctementstratifiés, et inclinent au N. (2) ; ils alternent avec les trachytes oureposent dessus. Ceux-ci sont plus ou moins compactes, et passentaccidentellement au basalte et au phonolite. Le basalte pousse quel-quefois des dykes dans les assises de conglomérat, et sur d’autrespoints il prend une structure colonnaire. Les conglomérats, et mêmeles fragments qu’ils enveloppent, sont souvent coupés perpendicu-lairement par des veines parallèles de cornaline ou de diversesvariétés de calcédoine. M. Ch. Texier (3) pensait que les deux rivesdu Bosphore n’avaient jamais été réunies, et qu’au lieu d’avoir étéélargi, le canal avait dû être resserré par les éruptions ignées, opi-nion tout à fait opposée à celle que nous avons énoncée (antè,vol. II, p. 913 et 931).
La plus grande partie des couches lacustres qui occupent lebassin de Smyrne était déjà déposée lorsqu’il devint le théâtred’actions volcaniques, et lorsqu’une masse considérable de trachyle,
(1) Bien que le Caucase et la Crimée appartiennent géographi-quement à l’Europe , nous en décrirons les produits ignés avec ceuxde l’Asie occidentale auxquels ils se rattachent et dont il nous aparu convenable de traiter immédiatement après avoir étudié laTurquie d’Europe et les îles de la Grèce .
(2) H.-D. Strickland , On the geology , etc., sur la géologie duBosphore de Thrace ( Transact. geul. Soc. oj London , 2' sér., vol. V,p. 38S. 1836-40).
(3) Compt. rend., vol. IV, p. 165. 1837.