ARMÉNIF , GÉORGIE HT CIRCASSTP. 677
y apportent leur tribut, et il n’en sort en été qu’un mince filet d’eauqui se réunit à la Zenga ; aussi l’auteur regarde-t-il cette dépressioncomme un ancien cratère, et attribue-t-il la meme origine aux lacsde Van et d’Ounniah situés plus au S.
I.a Zenga roule ses eaux torrentielles à travers les cônes volca-niques, entraînant les ponces, les obsidiennes, les lapilli, les scoriesdont une grande portion est sortie par le cratère de Kiolandagh.Les coulées de laves forment çà et là des digues qui descendent dessommets, et partout le sol brûlé et calciné rappelle son origine volca-nique récente. A l’ouest, le cratère béant et déchiré de l’Alaghèz,élevé de 6181 mètres au dessus de la mer, est aussi enveloppé à sonsommet d’une calotte de neiges éternelles, de dessous laquelle lesoufre est entraîné par les eaux et vient s’accumuler sur les pentesde la montagne.
L’Alaghèz, dit M. Carteron (1), est formé à la base de porphyrestrachy tiques rougeâtres, extrêmement durs et compactes, sans appa-rence de stratification ni d’aucune division régulière dans un sensou dans l’autre. Par places, il prend l’aspect d’une lave huileuse,scoriacée, et constitue des monticules également espacés, entourantcomme d’une ceinture le massif central. Lorsqu’on s’élève de laplaine d’Alexandropol ou de celle de Bazan-Polé vers l’Alaghèz, ontraverse quatre vallées circulaires, horizontales, contiguës, de 25 à50 verstes de développement sur 5 à 8 de large, échelonnées enterrasses les unes au dessus des autres et recouvertes d’une nappebasaltique d’autant plus épaisse et mieux cristallisée qu’elle se rap-proche davantage du sommet de la chaîne. Ces basaltes reposenttous sur le porphyre trachytiquc massif. Au dessus de ces vallées sedressent les montagnes de trachyte, rangées circulairement autourde l’Alaghèz contre lequel elles s’appuient et qui domine de sa triplecime, entièrement trachytiquc et couverte de neiges, le centre detout le système.
Les deux crêtes tournées du côté d’Erivan sont inaccessibles etformées d’une série de pics échelonnés dont un seul finit par domi-ner tous les autres; la troisième , tournée vers l’Apchara , est uncône régulier, tronqué au sommet et semblable à ceux des volcans mo-dernes. Le vaste cratère qui le termine est parfaitement conservé et
(1) Excursion géologique dans les environs tl‘Alexnndropol[Annuaire du Journ. des Mines de Russie , année 1842 (St.-Péters-bourg, 1845), p. 51, avec coupes).
Observations
de
M. Carteron.