LXIV
DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
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Au milieu des révolutions, les peuples antiques de l’Orient avaientperdu le goût des études scientifiques. La barbarie étouffait lentementles lumières que tant de siècles avaient si péniblement fait éclore, et l’Eu-rope était devenue l’héritière de ces trésors ; mais lorsque les hordes dé-vastatrices vomies par le Nord, se jetant comme une troupe de vautourssur Rome agonisante, l’eurent mise en lambeaux, l’Europe , à son tour,occupée des luttes de ses maîtres et de la constitution d’une société nou-velle, demeura pendant plusieurs siècles étrangère aux travaux del’esprit, et la science retourna à son berceau. Les Arabes alors larecueillirent, la cultivèrent avec succès, et peuvent en être regardéscomme les fidèles dépositaires pendant la nouvelle enfance de l’Eu-rope . Les travaux des Grecs leur servirent de guide, et ils embrassèrentdans leurs éludes toutes les sciences d’observation ; mais ils n’avaientpas l’esprit positif et indépendant des peuples occidentaux. Leur ima-gination brûlante suppléa souvent à l’observation ; les erreurs de l’astro-logie et de l’alchimie, qui commençaient à dominer à l’époque de lachute de l’empire , furent accueillies et développées par eux avec unenthousiasme extraordinaire, et arrêtèrent les progrès des éludes positi-ves. Le vu® siècle compte parmi les savants Arabes, Persans et Juifs,Ahmed-ben-Ibrahim, Ibn-Sirin , Ibn-el-Mocaffa, Dchafer, médecins, bota-nistes et alchimistes, Ahron, auteur des pandectes de médecine, Jean-le-Grammairien, traducteur des œuvres de Galien , El-Kinâni, professeurde médecine à Alexandrie, Dchâbir (Géber ), qui réforma la chimieet dont les opérations sont d’une exactitude remarquable. On lui attri-bue la découverte de l’acide sulfurique et la connaissance empirique del’augmentation du poids des métaux par la calcination. Livré aux chimè-res de la transmutation, il a écrit sur cette matière avec une netteté etune précision qui feraient croire à des opérations sérieuses. Il fut aussifort habile en astronomie, corrigea plusieurs erreurs de l’almageste dePtolémée , et donna une exposition du système de cet astronome.